À résistance électrique égale, l’aluminium exige une section environ 1,6 fois supérieure à celle du cuivre. Cette différence impose de recalculer le câble, la chute de tension et les raccordements avant toute rénovation.
Équivalence section câble cuivre aluminium : retenez le coefficient 1,6
La règle de terrain est claire : pour remplacer un conducteur en cuivre par un conducteur en aluminium, multipliez la section cuivre par 1,6, puis choisissez la section normalisée adaptée. Dans l’autre sens, divisez la section aluminium par 1,6.
Ce coefficient vient de la résistivité des métaux à 20 °C. Celle du cuivre recuit vaut environ 0,0178 Ω·mm²/m, contre 0,0282 Ω·mm²/m pour l’aluminium. À longueur et intensité identiques, un conducteur en aluminium présente donc davantage de résistance. Sa section doit être augmentée pour limiter l’échauffement et la chute de tension.
Une section aluminium ne se choisit jamais en recopiant la section cuivre. Le rapport de 1,6 donne l’équivalence électrique, puis le mode de pose, l’intensité et la longueur valident le câble définitif.
Pour dimensionner précisément une liaison, utilisez le calcul de section de câble selon la puissance et la longueur. Le résultat doit ensuite être rapproché du calibre de protection et des caractéristiques des bornes.

Tableau d’équivalence des sections cuivre et aluminium
Le tableau suivant donne la correspondance pratique entre les sections normalisées. Les valeurs conviennent à une première sélection fondée sur la conductivité. Elles ne remplacent pas la vérification du courant admissible, du mode de pose et de la chute de tension.
| Section cuivre | Section aluminium équivalente | Usage courant |
|---|---|---|
| 1,5 mm² | 2,5 mm² | Éclairage et petites commandes |
| 2,5 mm² | 4 mm² | Prises et petits circuits spécialisés |
| 4 mm² | 6 mm² | Circuit spécialisé ou liaison courte |
| 6 mm² | 10 mm² | Plaque de cuisson, alimentation secondaire |
| 10 mm² | 16 mm² | Tableau divisionnaire |
| 16 mm² | 25 mm² | Liaison principale de puissance |
| 25 mm² | 35 mm² | Branchement ou forte puissance |
| 35 mm² | 50 mm² | Distribution collective ou tertiaire |
| 50 mm² | 70 mm² | Colonne et alimentation de puissance |
| 70 mm² | 120 mm² | Forte puissance et grande longueur |
| 95 mm² | 150 mm² | Distribution industrielle |
| 120 mm² | 185 mm² | Canalisation principale |
| 150 mm² | 240 mm² | Réseau de forte intensité |
Les petites sections en aluminium restent rares dans le logement. Les appareillages domestiques sont généralement prévus pour le cuivre. Une prise 16 A, un interrupteur ou une borne automatique n’accepte pas automatiquement un conducteur aluminium, même si son diamètre entre physiquement dans la borne.
Dans une installation résidentielle neuve, le cuivre reste donc le choix direct pour les circuits terminaux. L’aluminium trouve surtout sa place sur les liaisons principales, les branchements de grande longueur et les câbles de forte section, où son poids et son prix réduisent le coût global.
Comment calculer une équivalence section câble cuivre aluminium
Passer du cuivre à l’aluminium
La formule de conversion est la suivante : section aluminium = section cuivre × 1,6. Pour un câble cuivre de 10 mm², le calcul donne 10 × 1,6 = 16 mm². La correspondance est donc directe : 10 mm² cuivre devient 16 mm² aluminium.
Électricité de la maisonBranchement d’une prise remorque : schémas 7 et 13 broches, fil par filPour 16 mm² cuivre, le calcul donne 25,6 mm². La section commerciale retenue dans une approche d’équivalence est 25 mm² aluminium, sous réserve que le tableau d’intensité du fabricant et la chute de tension confirment ce choix. Sur une liaison longue ou placée dans un isolant thermique, passez à 35 mm².

Passer de l’aluminium au cuivre
La formule inverse est : section cuivre = section aluminium ÷ 1,6. Un conducteur aluminium de 16 mm² correspond à 10 mm² cuivre. Un câble aluminium de 25 mm² correspond à environ 16 mm² cuivre.
Cette conversion ne justifie jamais une réduction sans contrôle du disjoncteur. Un ancien câble aluminium de 25 mm² protégé à 60 A ne doit pas être remplacé sur la seule base du diamètre extérieur. La nature de l’isolant, la température admissible, le nombre de conducteurs chargés et le mode de pose entrent dans le dimensionnement.
La chute de tension tranche sur les grandes longueurs
L’équivalence de conductivité conserve sensiblement la même résistance linéique. Elle ne garantit toutefois pas que la chute de tension respecte la limite recherchée. La longueur aller-retour, le courant et la tension du réseau doivent être intégrés au calcul.
En monophasé, une estimation résistive s’écrit : ΔU = 2 × ρ × L × I ÷ S. L représente la longueur aller en mètres, I l’intensité en ampères, S la section en mm² et ρ la résistivité du conducteur. En triphasé équilibré, le coefficient 2 est remplacé par √3.
| Liaison monophasée 230 V | Courant | Câble cuivre | Câble aluminium | Chute de tension approximative |
|---|---|---|---|---|
| 20 m | 32 A | 6 mm² | 10 mm² | Environ 3,8 V, soit 1,7 % |
| 30 m | 40 A | 10 mm² | 16 mm² | Environ 4,3 V, soit 1,9 % |
| 50 m | 60 A | 25 mm² | 35 mm² | Environ 4,8 V, soit 2,1 % |
| 80 m | 60 A | 35 mm² | 50 mm² | Environ 5,4 V, soit 2,4 % |
La NF C 15-100 retient une chute de tension maximale de 3 % pour l’éclairage et de 5 % pour les autres usages entre l’origine de l’installation et le récepteur. Dans la pratique, limitez une liaison entre le tableau principal et un tableau divisionnaire à environ 2 %. Vous conservez ainsi une marge pour les circuits situés en aval. Les règles de distribution sont détaillées dans le dossier consacré au tableau électrique et à ses protections.

Le calibre du disjoncteur ne découle pas du seul métal
Un disjoncteur protège une canalisation contre les surcharges et les courts-circuits. Son calibre doit rester inférieur ou égal au courant admissible du câble dans ses conditions réelles de pose. Une section aluminium équivalente au cuivre sur le plan résistif n’autorise donc pas automatiquement le même calibre.
Un câble posé seul sur un chemin de câble se refroidit mieux qu’un câble placé dans une gaine noyée, regroupé avec d’autres circuits ou entouré d’isolant. La température ambiante et le type d’isolant, PVC 70 °C ou XLPE 90 °C, modifient aussi l’intensité admissible.
- Relevez la puissance maximale à alimenter.
- Calculez l’intensité : P ÷ 230 en monophasé, ou P ÷ (√3 × 400 × cos φ) en triphasé.
- Choisissez la section à partir du métal et du mode de pose.
- Contrôlez la chute de tension sur toute la longueur.
- Placez un disjoncteur dont le calibre protège réellement le câble.
Pour rapprocher puissance, section et calibre, consultez l’outil de choix du disjoncteur. La protection différentielle de 30 mA répond à une autre fonction : elle protège les personnes contre les défauts d’isolement. Son courant assigné, par exemple 40 A ou 63 A, ne remplace pas le calibre du disjoncteur. Le fonctionnement est expliqué dans le guide du disjoncteur différentiel.
Raccorder du cuivre et de l’aluminium exige une borne compatible
Le raccordement représente le point sensible. L’aluminium s’oxyde rapidement au contact de l’air. Sa couche d’alumine conduit mal le courant. Le métal subit aussi davantage de fluage sous pression : un serrage mal conçu perd de son efficacité, la résistance de contact augmente et la borne chauffe.
Électricité de la maison7 idées pour cacher un tableau électrique sans gêner l’accès ni la sécuritéLe contact direct cuivre-aluminium favorise en plus la corrosion galvanique en présence d’humidité. La bonne méthode consiste à employer une borne, une cosse ou un raccord marqué Al/Cu. Pour les fortes sections, utilisez une cosse bimétallique aluminium-cuivre sertie avec la matrice prescrite.
- Coupez le disjoncteur général et testez l’absence de tension.
- Vérifiez le marquage Al/Cu et la plage de sections de la borne.
- Préparez l’aluminium juste avant son insertion, sans entailler les brins.
- Appliquez la graisse inhibitrice uniquement lorsque la notice de l’appareil la prévoit.
- Serrez au couple indiqué sur la borne avec une clé dynamométrique.
- Contrôlez l’absence d’échauffement après la remise en charge.
Une borne standard réservée au cuivre n’est pas un raccord aluminium. Une soudure à l’étain ne constitue pas davantage une transition fiable. Sur les petites sections, remplacez la portion terminale en aluminium par du cuivre au moyen d’un raccord certifié Al/Cu placé dans une boîte accessible.
| Matériel de raccordement | Usage | Prix indicatif 2026 |
|---|---|---|
| Borne Al/Cu de petite section | Transition dans une boîte accessible | 5 à 15 € l’unité |
| Connecteur mécanique Al/Cu | Liaison principale de 16 à 95 mm² | 15 à 45 € l’unité |
| Cosse bimétallique | Raccordement sur appareil ou jeu de barres | 12 à 40 € l’unité |
| Sertissage professionnel | Pose de cosses sur forte section | 80 à 180 € hors câble |
Cuivre ou aluminium : quel choix pour une installation domestique ?
Pour l’éclairage, les prises et les circuits spécialisés du logement, choisissez le cuivre. Il occupe moins de place, se raccorde directement aux appareillages courants et simplifie le respect des sections prévues par la norme NF C 15-100. Un circuit de prises en 2,5 mm² cuivre protégé à 20 A ne doit pas être transformé en 4 mm² aluminium à l’intérieur des prises domestiques ordinaires.
Pour une alimentation longue ou une forte puissance, l’aluminium devient pertinent à partir de 25 ou 35 mm². Sa masse volumique est d’environ 2,7 g/cm³, contre 8,9 g/cm³ pour le cuivre. Malgré la section supérieure, un câble aluminium reste nettement plus léger. Son coût au mètre est également inférieur sur les grosses sections.
- Cuivre : circuits terminaux, tableau, prises, éclairage, chauffe-eau, four et plaque de cuisson.
- Aluminium : branchement principal, longue liaison enterrée, alimentation d’un bâtiment annexe et forte puissance.
- Transition Al/Cu : connecteur compatible, accessible et serré au couple prescrit.
Avant de réutiliser un câble aluminium existant, relevez son marquage, sa section, son nombre de conducteurs et son état. Examinez chaque extrémité. Une gaine brunie, une borne noircie, une odeur de matériau chauffé ou des brins cassants impose le remplacement de la partie concernée. Bernard Chauvel, électricien du bâtiment retraité.





