Compteur Linky : à quoi sert-il et que fait-il exactement ?
Un boîtier vert, un écran de deux lignes, deux boutons et un voyant. Derrière, un compteur qui mesure, coupe, réarme et parle au tableau.

Le compteur Linky remplace le compteur électromécanique à disque et le compteur électronique bleu. Il est posé en amont du disjoncteur de branchement : l'électricité arrive du réseau, traverse le compteur, passe par le disjoncteur de branchement puis entre dans votre tableau électrique. Cet ordre compte quand il s'agit de comprendre une coupure.
Il fait trois choses. Il mesure l'énergie consommée en kilowattheures, comme les anciens, mais il l'enregistre tous les jours et, si vous l'acceptez, toutes les demi-heures. Il coupe l'alimentation quand la puissance appelée dépasse la puissance souscrite, rôle que tenait le disjoncteur de branchement mécanique. Et il communique : votre index part chaque nuit par courant porteur, sans passage d'un releveur, et la puissance souscrite se change à distance en quelques heures.
Le compteur porte un numéro à quatorze chiffres, le point de livraison, ou PRM. C'est lui que demande tout contrat de fourniture. Vous le trouvez sur l'écran en faisant défiler les pages avec le bouton +, à la ligne « Numéro de PRM ».
Compteur Linky : que signifient les écrans qui défilent ?
Chaque appui sur + passe à l’écran suivant. Voici les pages d’un compteur monophasé, dans l’ordre où elles apparaissent.
| Écran affiché | Ce qu’il indique | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Index BASE 012345 kWh | Énergie consommée depuis la pose, en option Base | Le chiffre de la facture : c’est celui-là qu’on relève |
| HC 008210 / HP 014320 | Les deux index de l’option heures creuses / heures pleines | Vérifier que le chauffe-eau tourne bien en HC |
| Index Tempo BBRHCJB… | Six index : bleu, blanc, rouge × HC et HP | Suivre ce qu’a coûté un jour rouge |
| Puissance souscrite 6 kVA | La puissance du contrat, de 3 à 36 kVA | Savoir à partir de quoi le compteur coupe |
| PAPP 2 340 VA | Puissance apparente appelée à cet instant | Repérer l’appareil qui tire trop, en direct |
| Puissance max 4 890 VA | La pointe atteinte depuis minuit | Voir de combien vous frôlez la coupure |
| Intensité 10 A | Courant instantané par phase | Sur un triphasé, voir si les phases sont équilibrées |
| Numéro de PRM | Le point de livraison à 14 chiffres | La référence du contrat |
| Contact sec ouvert / fermé | L’état de la sortie C1-C2 | Contrôler la commande du chauffe-eau |
Deux écrans méritent un arrêt. Le premier est la puissance apparente, notée PAPP, en voltampères. Elle se lit comme un wattmètre de toute la maison : allumez la bouilloire, elle grimpe de 2 000 VA ; éteignez-la, elle redescend. C'est le moyen le plus simple de trouver l'appareil qui consomme quand tout semble éteint, et de savoir si votre abonnement est bien dimensionné. Un logement qui affiche 5 800 VA en permanence à 19 h avec un contrat de 6 kVA va disjoncter.
Le second est l'index. Sur un compteur ancien, on notait les chiffres du cadran. Sur le Linky, l'index défile en tête des pages et se relève de la même façon : les chiffres avant « kWh », sans les décimales. Pour suivre votre consommation, notez-le le même jour chaque mois. La différence entre deux relevés, multipliée par le prix du kilowattheure, donne ce que vous allez payer. Le calculateur de la page consommation électrique fait le reste par appareil.
Sur un compteur triphasé, les écrans d'intensité sont au nombre de trois, un par phase, et la puissance souscrite s'exprime toujours en kVA pour l'ensemble. Un déséquilibre marqué, 25 A sur une phase et 4 A sur les deux autres, explique un compteur qui coupe alors que la puissance totale semble loin du contrat : la coupure se décide phase par phase. L'écran se met en veille au bout d'une minute ; il suffit d'appuyer sur n'importe quel bouton pour le rallumer, sans rien perdre.
Compteur Linky éteint : quelles causes et que faire ?
Écran noir, plus rien à la maison. Avant d’appeler, trois vérifications qui ne prennent pas cinq minutes.
Disjoncteur de branchementUn compteur Linky en marche a toujours son écran allumé, même la nuit, même si tout est coupé dans la maison. Un écran noir signifie donc qu'il n'est plus alimenté, ou qu'il est en panne. Le raisonnement part de là.
- Regardez le disjoncteur de branchementC’est le gros disjoncteur à côté du compteur, ou dans le tableau. S’il est sur 0 et que l’écran du Linky est allumé, le compteur n’est pas en cause : remontez-le. S’il retombe, cherchez le circuit fautif sur la page disjoncteur et différentiel.
- Regardez chez les voisinsÉcran noir et pas de disjoncteur abaissé : sortez. Si l’éclairage public ou l’immeuble est éteint, c’est une coupure du réseau. Le gestionnaire du réseau la connaît déjà ; son numéro de dépannage est sur la facture.
- Vérifiez le contratEmménagement récent, résiliation, impayé : la coupure peut avoir été commandée à distance. Le compteur affiche alors en général un écran allumé avec un message, mais certaines mises hors service laissent le boîtier éteint. Un appel au fournisseur suffit à le savoir.
- Concluez à la panneAucun voisin touché, disjoncteur en place, contrat en règle et écran noir depuis plus d’une heure : le compteur est défaillant. Le remplacement est gratuit et pris en charge par le gestionnaire du réseau, sous 24 à 48 h en général.
Ne retirez jamais le capot plombé du compteur ni celui du disjoncteur de branchement : les bornes d’arrivée restent sous tension même quand tout est coupé chez vous. Seul le gestionnaire du réseau intervient à cet endroit.
Voyant du compteur Linky : que veut dire le clignotement orange ?
Le voyant orange clignote : normal ou pas ?
Le voyant orange en façade est un indicateur de consommation. Il émet une impulsion tous les wattheures consommés, soit 1 000 impulsions par kilowattheure. Plus il clignote vite, plus vous consommez. Un réfrigérateur seul le fait clignoter toutes les trente secondes ; un four à 2 500 W, plus de deux fois par seconde ; une maison chauffée en plein hiver, presque en continu. Un voyant qui clignote n'annonce donc rien d'anormal : il fait son travail de compteur.
Le voyant fixe, ou éteint alors que l'écran est allumé, signale seulement que rien ne consomme, ce qui arrive quand le disjoncteur de branchement est abaissé. Un voyant vert ou rouge n'existe pas sur ce compteur ; ce que vous voyez de rouge sur certains modèles est la diode de la téléinformation, à côté des bornes.
Boutons + et − : à quoi servent-ils ?
Le bouton + fait avancer les écrans ; le bouton − les fait reculer. Une pression longue sur + rallume l'écran s'il s'est mis en veille. Le bouton + sert aussi à réarmer le compteur après une coupure pour dépassement de puissance : le message « Puissance dépassée » s'affiche, vous coupez l'appareil de trop, vous appuyez sur + jusqu'à ce que le message disparaisse. Le bouton − n'a pas d'autre rôle que la navigation.
Comment relever un compteur Linky ?
Il n'y a plus rien à faire : l'index est transmis chaque nuit. Mais on peut vouloir vérifier une facture ou suivre sa consommation à la semaine. Notez l'index qui apparaît sur le premier écran, sans les chiffres après la virgule. En heures creuses, notez les deux index ; en Tempo, les six. Un relevé au 1er du mois, un autre le mois suivant : la différence est votre consommation mensuelle. Comparez-la aux ordres de grandeur du dossier consommation : un logement de 70 m² chauffé au gaz tourne autour de 250 kWh par mois, le même chauffé à l'électricité dépasse 800 kWh en janvier.
Compteur Linky qui disjoncte : combien de kVA faut-il ?
Le Linky coupe quand la puissance appelée dépasse la puissance souscrite. Le bon abonnement, c’est celui qui tient la pointe de 19 h sans payer un kVA de trop.
Puissance souscriteUn kilovoltampère vaut, en monophasé et pour les appareils de la maison, un kilowatt. Un contrat de 6 kVA autorise donc 6 000 W appelés en même temps, soit 30 A sous 230 V. La plaque à induction sur deux feux, le four, le chauffe-eau qui s'enclenche et un radiateur de 1 500 W : vous y êtes. L'ancien disjoncteur mécanique tolérait un dépassement d'un tiers pendant plusieurs minutes ; le Linky est plus strict, il coupe après quelques dizaines de secondes de dépassement et affiche « Puissance dépassée, appuyez sur + ».
Le compteur ne se contente pas de couper : il se souvient. L'écran « Puissance max » indique la pointe du jour. Si elle frôle 6 000 VA tous les soirs, deux options : décaler un usage, le chauffe-eau en heures creuses par exemple, ou passer à 9 kVA. Le surcoût d'abonnement est d'environ 3,60 € par mois, à comparer aux coupures en pleine cuisson.
| Puissance souscrite | Intensité | Logement type | Abonnement Base indicatif 2026 |
|---|---|---|---|
| 3 kVA | 15 A | Studio sans chauffage électrique, sans four | 9,7 € / mois |
| 6 kVA | 30 A | Appartement, chauffage gaz ou collectif, cuisson électrique | 13,8 € / mois |
| 9 kVA | 45 A | Maison chauffée à l’électricité jusqu’à 80 m², ou borne 3,7 kW | 17,5 € / mois |
| 12 kVA | 60 A | Maison tout électrique 100-130 m², wallbox 7,4 kW | 21,1 € / mois |
| 15 kVA | 75 A | Grande maison, pompe à chaleur et borne | 24,4 € / mois |
| 18 à 36 kVA | 30 à 60 A tri | Triphasé : atelier, borne 11 ou 22 kW, piscine chauffée | 27,7 à 48,5 € / mois |
Changer la puissance d’un compteur Linky : comment et à quel prix ?
Le changement se demande au fournisseur, jamais au gestionnaire du réseau. Il est réalisé à distance, sans rendez-vous, dans les 24 h. Le prix est celui d'une prestation catalogue, autour de 4 € hors taxes ; certains fournisseurs l'offrent. Passer de monophasé à triphasé, en revanche, est une intervention physique sur le branchement, facturée plusieurs centaines d'euros et précédée d'un devis.
Deux limites. Une augmentation peut être refusée si le branchement ne suit pas : un ancien câble de 16 mm² en aluminium n'acceptera pas 18 kVA. Et une baisse trop ambitieuse fait disjoncter le soir même : la bonne méthode est de noter la puissance max affichée pendant une semaine froide avant de descendre. À l'inverse, si vous installez une borne de recharge de 7,4 kW, comptez 12 kVA minimum pour charger en cuisinant.
Le disjoncteur de branchement ne se règle plus
Avec l'ancien compteur, le disjoncteur de branchement était calibré à la puissance souscrite, 30 A pour 6 kVA. Avec le Linky, il est laissé à son calibre maximal, en général 45 ou 60 A, et c'est le compteur qui limite. Un disjoncteur de branchement qui saute avec un Linky signale donc autre chose qu'un dépassement : un défaut d'isolement si c'est un modèle différentiel 500 mA, ou un court-circuit franc.
Le changement d'option tarifaire suit le même chemin que le changement de puissance : une demande au fournisseur, une reprogrammation à distance, une prise d'effet sous 24 h. Passer de Base à heures creuses ne demande plus de compteur double tarif ni de déplacement. Les plages creuses, huit heures par jour, sont fixées par le gestionnaire du réseau selon votre commune ; elles s'affichent sur l'écran « Période tarifaire » et se retrouvent sur la facture. Depuis fin 2025, elles se déplacent progressivement pour certains foyers vers le milieu de journée, 11 h à 17 h, là où le solaire abonde : si votre chauffe-eau est commandé par C1-C2, il suivra tout seul le nouveau créneau. Un chauffe-eau sur programmateur horaire, lui, devra être reprogrammé à la main.
Contact sec C1-C2 et sortie TIC du Linky : à quoi les brancher ?
C1 · C2 · I1 · I2Sous le capot du bas, quatre bornes utiles : C1-C2 commandent le chauffe-eau, I1-I2 racontent la consommation en temps réel.
- C1-C2 est un contact sec : il se ferme quand le tarif passe en heures creuses et s’ouvre au retour des heures pleines. Il ne délivre pas de tension.
- Pour piloter un contacteur jour-nuit, on amène une phase sur C1 par un disjoncteur de 2 A, et C2 rejoint la borne A1 de la bobine du contacteur. Le neutre va sur A2.
- Le contact tient 2 A maximum. Jamais un chauffe-eau dessus : il commande le contacteur, et c’est le contacteur, sur son disjoncteur de 20 A, qui alimente le ballon.
- I1-I2 est la téléinformation client, TIC. Elle envoie index, puissance apparente, couleur Tempo et période tarifaire, à 1 200 bauds en mode historique ou 9 600 en mode standard.
- Un module TIC de quelques euros branché sur I1-I2 relaie ces données vers une prise connectée ou un tableau de bord domotique, sans rien toucher au compteur.
Le détail du raccordement, avec le schéma du contacteur heures creuses et le cas des compteurs triphasés, est dans le guide du contact C1-C2. Le passage du mode historique au mode standard, nécessaire à certains modules, se demande au fournisseur et se fait à distance.
Compteur Linky et facture : ce qui change vraiment
Le compteur ne fait pas payer plus. Il fait payer juste, tous les mois, sur une consommation réelle, et il rend visibles des habitudes que l’estimation cachait.
Avant Linky, la facture reposait sur une estimation, régularisée une ou deux fois l'an sur relevé. L'estimation était souvent basse, la régularisation d'hiver douloureuse. Avec un index transmis chaque jour, la facture mensuelle correspond à ce qui a été consommé : un mois de janvier avec chauffage électrique peut doubler celui de novembre, ce que la mensualisation lissait. La hausse perçue est presque toujours cet effet de calendrier, pas une différence de mesure. Le compteur est vérifié avant pose et sa classe de précision, 1 %, est meilleure que celle des anciens compteurs à disque.
Ce qui change aussi, c'est la finesse. Si vous activez la courbe de charge, la consommation est enregistrée par pas de 30 minutes. On y lit le creux de la nuit, ce que consomme la maison quand tout est censé être éteint : la box, les veilles, le réfrigérateur, un vieux congélateur au garage. Sous 150 W en continu, c'est normal ; au-dessus de 300 W, un appareil mérite d'être débranché pour voir. Ce talon représente 1 300 à 2 600 kWh par an, entre 250 et 500 €.
Une facture qui grimpe brutalement après la pose du compteur se vérifie en dix minutes : relevez l'index du compteur, comparez-le à celui de la dernière facture. Si le compteur affiche moins que ce qui a été facturé, la facture repose encore sur une estimation et sera régularisée. Si l'écart correspond bien aux kilowattheures facturés, la consommation est réelle et il faut la chercher dans la maison : un chauffe-eau dont le contacteur est resté en marche forcée, un radiateur d'appoint oublié, une pompe de piscine qui tourne 24 h sur 24. La puissance apparente affichée, appareil par appareil, désigne le coupable plus sûrement que n'importe quelle réclamation.
Enfin, le Linky rend possibles les options tarifaires dynamiques : heures creuses positionnées différemment selon la saison, Tempo avec ses 22 jours rouges, offres à pointe mobile. Toutes reposent sur les six index et le signal de couleur que le compteur reçoit chaque soir. Pour comprendre ce que ces couleurs représentent pour le réseau, la page La France en direct montre la consommation du pays heure par heure.
l’index part vers le réseau par courant porteur
facture sur consommation réelle, sans estimation
le pas de la courbe de charge si vous l’activez
la couleur Tempo du lendemain arrive au compteur
le délai d’un changement de puissance ou d’option
la classe de précision du compteur
Compteur Linky, disjoncteur de branchement et tableau : les points à vérifier chez vous
Trois contrôles évitent la plupart des appels inutiles. Le premier : identifiez le disjoncteur de branchement et son calibre, lisible sur la manette, 15/45 A ou 30/60 A. Le second : notez la puissance souscrite affichée et la puissance max de la journée ; l'écart entre les deux vous dit si vous avez de la marge ou si la prochaine raclette fera tout sauter. Le troisième : si vous avez un chauffe-eau en heures creuses, vérifiez que l'écran « Contact sec » passe bien à « fermé » pendant la plage creuse et que le contacteur du tableau bascule. Un ballon froid le matin vient neuf fois sur dix d'un contacteur resté en position 0, pas du compteur.
Quand le tableau lui-même est ancien, sans interrupteur différentiel 30 mA ou avec des fusibles à cartouche, la pose du Linky ne l'a pas mis aux normes : le compteur ne protège personne des contacts indirects. La norme NF C 15-100 dit ce qu'un tableau doit contenir aujourd'hui, et le forum rassemble les cas concrets, photos à l'appui.

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