Quel disjoncteur pour ce circuit ?
Choisissez le circuit ou entrez la puissance : l’outil rend le calibre, la section de câble qui va avec, le nombre de points autorisés et la courbe à prendre.
Sur le terrainLe disjoncteur protège le câble, pas l’appareil
Un disjoncteur divisionnaire a un seul rôle : couper avant que le câble qu'il protège ne chauffe. Son calibre — 10, 16, 20, 32 A — se choisit donc d'abord d'après la section du câble, et seulement ensuite d'après l'appareil. Un 20 A sur du 1,5 mm² laisse passer un courant que le câble ne supporte pas : le disjoncteur ne saute pas, la gaine ramollit dans la cloison. Un 10 A sur du 2,5 mm² ne présente aucun danger, il sautera simplement plus tôt que nécessaire.
La norme NF C 15-100 fixe, pour chaque section, le calibre maximal, et pour chaque type de circuit, le nombre de points qu'on peut y raccorder : c'est ce tableau que l'outil applique, et c'est celui qu'il faut avoir sous les yeux devant un tableau à remettre au propre.
Avant de choisir
Quelle section ? Elle se lit sur la gaine du câble ou se mesure au pied à coulisse, disjoncteur coupé. C'est elle qui plafonne le calibre.
Quel usage ? Un circuit spécialisé alimente un seul appareil ; un circuit de prises ou d'éclairage en alimente plusieurs, avec un maximum.
Quelle longueur ? Au-delà de vingt mètres, la chute de tension peut imposer une section plus grande que le calibre ne l'exige.
Circuit par circuit : calibre, section et nombre de points
| Circuit | Calibre du disjoncteur | Section cuivre | Nombre de points |
|---|---|---|---|
| Éclairage | 16 A max. (10 A courant) | 1,5 mm² | 8 points lumineux |
| Prises 16 A | 16 A | 1,5 mm² | 8 prises |
| Prises 16 A | 20 A | 2,5 mm² | 12 prises |
| Prises du plan de travail (cuisine) | 20 A | 2,5 mm² | 6 prises, 4 minimum sur un circuit dédié |
| Plaque de cuisson, cuisinière (mono) | 32 A | 6 mm² | 1 |
| Plaque de cuisson (tri) | 20 A tétrapolaire | 2,5 mm² | 1 |
| Four | 20 A | 2,5 mm² | 1 |
| Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, congélateur | 20 A | 2,5 mm² | 1 chacun |
| Chauffe-eau | 20 A | 2,5 mm² | 1 |
| VMC | 2 A dédié (16 A max.) | 1,5 mm² | 1 |
| Volets roulants | 16 A | 1,5 mm² | Tous les volets |
| Radiateurs ≤ 2 250 W | 10 A | 1,5 mm² | 1 circuit par zone |
| Radiateurs ≤ 3 500 W | 16 A | 1,5 mm² | 1 circuit par zone |
| Radiateurs ≤ 4 500 W | 20 A | 2,5 mm² | 1 circuit par zone |
| Radiateurs ≤ 5 750 W | 25 A | 4 mm² | 1 circuit par zone |
| Radiateurs ≤ 7 250 W | 32 A | 6 mm² | 1 circuit par zone |
| Borne de recharge 3,7 kW (16 A) | 20 A | 4 mm² (2,5 mm² si très court) | 1 |
| Borne de recharge 7,4 kW (32 A) | 40 A | 10 mm² | 1 |
| Pompe à chaleur, climatiseur | Selon la notice, 16 à 32 A | 2,5 à 6 mm² | 1 |
| Chaudière, circulateur | 2 à 10 A | 1,5 mm² | 1 |
| Portail, dépendance | Selon la puissance, 10 à 20 A | Selon la longueur | 1 départ, tableau divisionnaire au bout |
Les circuits spécialisés — plaque, four, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, chauffe-eau, congélateur — ont chacun leur disjoncteur et leur câble jusqu'à une prise ou une boîte dédiée : rien d'autre ne s'y raccorde. La norme en exige au moins trois en 20 A dans une cuisine, plus celui de la plaque en 32 A. Un four sur les prises du plan de travail, un lave-vaisselle sur le circuit du lave-linge, sont les entorses les plus fréquentes, et elles se voient quand le disjoncteur saute le dimanche midi.
Les radiateurs se groupent par zone : plusieurs radiateurs d'un même étage sur un circuit, tant que leur puissance totale reste sous la limite de la ligne. Un radiateur de 1 500 W et un de 1 000 W sur un 10 A en 1,5 mm² : 2 500 W, on dépasse, on passe en 16 A. Le guide du tableau électrique montre comment les rangées s'organisent, et celui de la norme NF C 15-100 reprend les exigences pièce par pièce.
Courbe B, C ou D : le disjoncteur qui ne saute pas au démarrage
Un disjoncteur coupe de deux façons. Lentement, par échauffement, quand le courant dépasse un peu son calibre pendant longtemps : c'est le thermique, identique pour tous. Instantanément, par un électro-aimant, quand le courant dépasse d'un coup un multiple du calibre : c'est le magnétique, et c'est lui que la lettre désigne.
| Courbe | Déclenchement magnétique | Devant quoi |
|---|---|---|
| B | Entre 3 et 5 fois le calibre | Circuits résistifs, longues lignes, générateurs de faible puissance : chauffage, éclairage en bout de ligne |
| C | Entre 5 et 10 fois le calibre | Tout le logement : prises, éclairage, électroménager, plaque, chauffe-eau — la courbe par défaut |
| D | Entre 10 et 20 fois le calibre | Ce qui a un fort appel au démarrage : moteurs, compresseurs, transformateurs, pompes, certaines pompes à chaleur |
Dans un logement, on pose de la courbe C partout, et l'on ne change qu'en cas de problème réel. Un compresseur de piscine ou un portail qui fait sauter son 16 A C à chaque démarrage sans jamais chauffer le câble relève de la courbe D : le câble est le même, seul le seuil instantané monte. À l'inverse, une ligne très longue en courbe C peut ne pas voir un court-circuit au bout — la résistance de la ligne limite le courant sous le seuil magnétique — et la courbe B rétablit la protection.
Un disjoncteur qui saute n'est pas forcément trop petit : un différentiel qui saute désigne un défaut à la terre, un disjoncteur qui saute désigne une surcharge ou un court-circuit. Le guide disjoncteur et interrupteur différentiel apprend à distinguer les deux avant de toucher au tableau.
Remplacer ou ajouter un disjoncteur : ce qu’il faut vérifier
Remplacer un disjoncteur par un autre du même calibre, de la même courbe et de la même marque de rail se fait en quelques minutes, tableau hors tension. Le remplacer par un calibre supérieur « parce qu'il saute » ne se fait jamais sans avoir vérifié la section du câble : si le câble est en 1,5 mm², le 16 A est le maximum, et le problème est ailleurs — trop d'appareils sur le circuit, un appareil défectueux, une connexion qui chauffe.
Ajouter un circuit suppose une place dans le tableau, un différentiel qui n'a pas déjà ses huit circuits — le calculateur de différentiels le vérifie — et un raccordement au peigne ou au bornier avec la bonne section. La question de deux départs sur un même disjoncteur revient souvent : la réponse est non pour les circuits spécialisés, et « à condition de respecter le nombre de points » pour les prises et l'éclairage.
Le disjoncteur de branchement en position « arrêt », le testeur qui confirme l’absence de tension sur le peigne : c’est la seule façon de toucher un disjoncteur. Un tableau peut rester sous tension en amont du disjoncteur général — les bornes d’arrivée le sont toujours.
- Le calibre est écrit sur la face avant, précédé de la courbe : C16, C20, C32.
- Étiquetez le circuit sur le porte-étiquette du tableau au moment où vous posez le module, pas « plus tard ».
- Un disjoncteur tiède au toucher en fonctionnement normal signale une borne mal serrée : coupez, resserrez, contrôlez.
- Un doute sur un calibre, une photo du tableau : le forum du tableau et des protections.
