Consommation électrique de la France en temps réel, région par région
Ce que le pays consomme à cette minute, ce qui le produit, ce qu’il échange avec ses voisins, et la couleur du jour. Les chiffres sont ceux publiés par le gestionnaire du réseau, au quart d’heure.
Consommation du quart d’heure par région, en mégawatts — du bleu clair (faible) au jaune (forte). Relevé de 21h45.
La carte se colore selon la consommation de chaque région rapportée à sa population ; le compteur national additionne les douze. La courbe des 24 heures montre la journée qui vient de s'écouler, avec ses deux bosses ; l'anneau répartit la production entre nucléaire, hydraulique, éolien, solaire, gaz et le reste. Les valeurs sont relues toutes les trente minutes. Ce qui suit explique comment les lire, et ce qu'elles changent pour une maison.
Sur la carte, une région foncée n'est pas une région qui gaspille : l'Île-de-France est la plus peuplée et l'Auvergne-Rhône-Alpes la plus industrielle, et l'hiver noircit d'abord les régions où le chauffage électrique domine, la Bretagne et le Grand Est en tête. À l'inverse, l'Occitanie et la Provence pâlissent à midi en été, quand leurs toitures produisent une partie de ce qu'elles consomment. Le compteur national, lui, ne ment jamais : au-dessus de 80 000 MW, le pays est en plein hiver et le réseau surveille sa réserve ; en dessous de 35 000 MW, c'est une nuit d'août.
Mégawatts, gigawatts, térawattheures : que veulent dire les chiffres ?
Un mégawatt est une puissance, un térawattheure une énergie. La carte affiche la première ; la facture compte la seconde.
Un watt est une puissance : ce qu'un appareil tire à un instant donné. Un four, 2 500 W. Une maison chauffée à l'électricité un soir de janvier, 8 000 W. Un mégawatt, c'est un million de watts, soit 400 fours ou 125 maisons en pointe ; un gigawatt, mille mégawatts. Le compteur en haut de page est une puissance : le total, à cet instant, de tout ce qui est branché dans le pays, du four de votre voisin aux trains, aux usines et aux serveurs.
L'énergie, elle, est une puissance pendant un temps. Un kilowattheure, c'est 1 000 W pendant une heure : le four pendant 24 minutes, la maison en pointe pendant 7 minutes. La France consomme autour de 450 térawattheures par an, 450 milliards de kilowattheures. Un foyer en consomme 4 700 en moyenne, tous chauffages confondus ; ce que ce chiffre cache est détaillé sur la page consommation électrique.
Le lien entre les deux se lit sur la courbe : l'aire sous la courbe des 24 heures est l'énergie de la journée. Une journée d'hiver à 70 000 MW en moyenne fait 1,7 TWh ; une journée d'août à 40 000 MW, moins de 1 TWh.
| Ordre de grandeur | Puissance | Ce que c’est |
|---|---|---|
| Une LED | 10 W | Une lampe |
| Un logement en pointe | 6 000 à 12 000 W | La puissance souscrite au compteur |
| Une éolienne terrestre | 3 MW | En vent fort |
| Un réacteur nucléaire | 900 à 1 650 MW | Un réacteur, pas une centrale |
| Le solaire à midi en juin | 15 000 à 20 000 MW | Toutes les toitures et les champs |
| Une nuit d’août | 30 000 à 35 000 MW | Le creux de l’année |
| Un soir de janvier | 75 000 à 90 000 MW | La pointe, vers 19 h |
Pourquoi la consommation monte à 19 h, et pourquoi l’hiver double l’été
La bosse de 19 h
Chaque jour, la courbe a la même forme. Un creux vers 4 h, quand ne tournent que les réfrigérateurs, les chauffe-eau en heures creuses, les usines en continu et le chauffage de nuit. Une montée rapide entre 6 h et 9 h : les réveils, les cafetières, les douches, les bureaux qui ouvrent. Un plateau en journée, puis la pointe entre 18 h 30 et 19 h 30 : les foyers rentrent, allument l'éclairage, la cuisson, la télévision, et en hiver le chauffage repart après la baisse de la journée. Cette pointe est ce qui dimensionne le réseau : il faut des moyens de production disponibles pour cette heure-là, même s'ils ne servent que 300 heures par an. C'est pour l'aplatir qu'existent les heures creuses, Tempo et les signaux de tension.
L’hiver contre l’été
La France est le pays d'Europe le plus sensible à la température, à cause du chauffage électrique : un degré de moins en hiver ajoute 2 400 MW à la consommation, l'équivalent de deux réacteurs. Un soir de janvier à −5 °C dépasse 85 000 MW ; un soir de juillet, 45 000 MW. Entre les deux, le printemps et l'automne, où la consommation descend sous 40 000 MW le week-end et où le solaire fait parfois baisser le prix du marché sous zéro à midi. L'été a sa propre pointe, plus modeste, vers 13 h, avec la climatisation.
Le week-end et les jours fériés
Un samedi consomme 10 % de moins qu'un vendredi, un dimanche 15 % de moins : bureaux et usines fermés. Le 15 août et le 1er janvier sont les creux de l'année. Cette différence explique une règle de Tempo : les jours rouges ne tombent jamais un week-end, parce que le réseau n'y est jamais en tension.
Ce que la courbe dit d’une maison
Votre propre courbe, celle que le compteur enregistre par pas de 30 minutes, a la même forme en plus petit : un talon la nuit, une bosse le matin, une pointe le soir. Superposer les deux est instructif : quand votre pointe tombe sur la pointe du pays, vous payez le kilowattheure le plus cher du réseau, et le plus carboné. Quand elle est décalée, à 13 h ou à 3 h, vous consommez ce que le pays a en trop. La lecture de la courbe du compteur est expliquée sur la page du compteur Linky.
le creux de la nuit, 30 000 à 55 000 MW selon la saison
la montée du matin
la petite pointe d’été, avec la climatisation
la pointe du jour, la plus haute en hiver
+ 2 400 MW pour chaque degré perdu en hiver
un dimanche par rapport à un jour de semaine
Nucléaire, hydraulique, éolien, solaire : qui produit l’électricité française en ce moment ?
L’anneau du haut de page change d’heure en heure. Sur l’année, les proportions sont stables ; c’est leur rôle dans la journée qui diffère.
| Source | Part de la production annuelle | Puissance installée | Rôle dans la journée |
|---|---|---|---|
| Nucléaire | 65 à 70 % | 61 000 MW, 56 réacteurs | La base, modulée de 20 à 30 % pour suivre la demande |
| Hydraulique | 11 à 13 % | 25 500 MW | Les barrages de lac répondent en minutes à la pointe ; le fil de l’eau tourne en continu |
| Éolien | 9 à 11 % | 24 000 MW terrestre et en mer | Produit quand il y a du vent, surtout l’hiver et la nuit |
| Solaire | 5 à 7 % | 25 000 MW | De 8 h à 20 h l’été, avec le pic à 13 h ; presque rien un soir de janvier |
| Gaz | 3 à 6 % | 12 500 MW | Les centrales à cycle combiné démarrent pour la pointe et les hivers froids |
| Bioénergies | 2 % | 2 500 MW | Continu |
| Charbon et fioul | Moins de 0,5 % | Résiduel | Quelques dizaines d’heures par an, les soirs de grand froid |
- Le nucléaire tient la base : 40 000 à 50 000 MW en hiver quand le parc est disponible, moins l’été pendant les arrêts pour maintenance et rechargement.
- Le solaire fait descendre la consommation « vue du réseau » à midi : une partie est consommée sur place, derrière les compteurs, et n’apparaît pas dans le total.
- L’hydraulique de lac est la batterie du pays : 8 000 MW mobilisables en dix minutes, et les stations de pompage qui remontent l’eau la nuit.
- Le gaz est la variable d’ajustement des soirs d’hiver ; c’est lui qui fait monter le gCO₂ du kilowattheure de 30 à 80 g.
Chaque source a son heure. Le nucléaire tourne à puissance quasi constante et, contrairement à une idée reçue, module : un réacteur peut baisser de 30 % en une demi-heure pour laisser passer le solaire à midi, puis remonter pour la pointe. L'hydraulique est le premier à répondre à un pic imprévu, en quelques minutes, parce qu'ouvrir une vanne ne coûte rien. L'éolien produit surtout l'hiver, quand la demande est forte, ce qui tombe bien, mais il ne se commande pas. Le solaire suit le soleil : 20 000 MW un midi de juin, 3 000 MW un midi de décembre sous les nuages, zéro à 19 h en toute saison, ce qui explique qu'il ne soulage jamais la pointe du soir. Le gaz comble ce qui reste, et c'est lui qui fixe le prix de marché les heures où il tourne.
Ce qui manque dans ce tableau, ce sont les exports : depuis 2023, la France produit plus qu'elle ne consomme la plupart des heures, et l'écart part chez les voisins.
Échanges d’électricité avec les pays voisins et gCO₂ par kWh
Le réseau français est relié à six pays. Le solde change de sens plusieurs fois par jour, et il se lit dans le compteur des échanges en haut de page.
Un solde d'échanges positif signifie que la France exporte : la production dépasse la consommation nationale et le surplus part vers l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, la Suisse ou le Royaume-Uni. C'est le cas la plupart des heures depuis 2023, avec un record en 2024. Un solde négatif signifie qu'on importe : cela arrive certains soirs d'hiver à 19 h, quand la pointe dépasse ce que le parc disponible peut fournir, et certaines heures de midi au printemps, quand le solaire allemand ou espagnol est moins cher que de moduler un réacteur.
Le gCO₂/kWh mesure ce que rejette la production du moment. Il varie de 15 g à midi en mai, quand nucléaire, hydraulique et solaire couvrent tout, à 80 ou 100 g un soir de janvier, quand les centrales à gaz démarrent. La moyenne annuelle française est autour de 35 g, contre 350 g en Allemagne et 200 g en Italie. Pour un ménage, cela veut dire que décaler un usage de 19 h vers 14 h ou 3 h divise ses émissions par trois ou quatre, même si le kilowattheure coûte le même prix.
Les interconnexions ont une capacité limitée, autour de 15 000 MW en export et 12 000 MW en import selon l'heure et les lignes disponibles. C'est pour cela que le prix de marché français peut être négatif à midi au printemps alors que l'Allemagne paie encore : la ligne est pleine, le surplus ne passe plus, et les producteurs préfèrent payer pour écouler que d'arrêter un réacteur. À l'inverse, les soirs de janvier, la capacité d'import fixe la limite de ce que le pays peut aller chercher dehors, et c'est cette limite qui décide des jours rouges et des alertes.
Import, export : le signe dit tout
Une valeur d'échanges de −8 000 MW se lit « la France exporte 8 000 MW », l'équivalent de huit réacteurs. Une valeur de +3 000 MW, « la France importe 3 000 MW ». Sur une journée d'été, le solde reste négatif de bout en bout ; sur une journée de vague de froid, il passe positif entre 17 h et 21 h.
Jours Tempo : qui décide des couleurs, combien par an, à quel prix
| Couleur | Jours par an | Quand | Heures creuses (22 h – 6 h) | Heures pleines (6 h – 22 h) |
|---|---|---|---|---|
| Bleu | 300 | Toute l’année, tous les week-ends et jours fériés | 0,13 € | 0,16 € |
| Blanc | 43 | Toute l’année, du lundi au samedi | 0,15 € | 0,18 € |
| Rouge | 22 | Du 1er novembre au 31 mars, du lundi au vendredi | 0,16 € | 0,66 € |
Vingt-deux jours rouges, quarante-trois blancs, trois cents bleus. La couleur du lendemain est connue la veille vers 11 h, et elle se lit en haut de cette page.
- La veille, la prévisionLe gestionnaire du réseau prévoit la consommation du lendemain à partir de la météo, du jour de la semaine et de la disponibilité du parc. Une pointe attendue élevée et un parc tendu poussent vers le rouge.
- Le stock de l’annéeL’année Tempo court du 1er septembre au 31 août. Les 22 rouges et les 43 blancs sont un stock : les placer trop tôt en novembre, c’est en manquer en février. Un hiver doux laisse des rouges inutilisés, qui ne sont jamais reportés.
- L’annonceLa couleur du lendemain est publiée la veille, entre 10 h 30 et 11 h, et envoyée au compteur, qui l’affiche. Un jour rouge est toujours précédé d’une annonce ; il n’y a pas de rouge surprise.
- Le déclenchementÀ 6 h, le compteur bascule sur l’index rouge en heures pleines. Le contact du compteur peut couper un chauffage ou un chauffe-eau relié à un gestionnaire d’énergie ; sinon, c’est à vous de baisser.
Le rouge coûte quatre fois le bleu en heures pleines. Mais il ne tombe que 22 jours, jamais le week-end, et la nuit reste à 0,16 €. Sur l'année, un foyer qui coupe son chauffage électrique de 6 h à 22 h les jours rouges, avec un poêle ou une chaudière en relais, paie son électricité 20 à 25 % de moins qu'en option Base. Un foyer qui ne peut rien couper perd l'avantage sur les 22 jours ce qu'il a gagné sur les 300 autres.
Les jours blancs sont les jours froids ordinaires, les rouges les vagues de froid et les journées où plusieurs réacteurs sont à l'arrêt. En pratique, la première semaine de rouge arrive fin novembre ou en janvier ; un hiver comme 2024, doux, n'a consommé que la moitié du stock. Le calcul détaillé, avec les prix des autres options, est sur la page consommation électrique.
Pour suivre le stock, comptez : au 15 janvier, si 12 rouges ont été posés, il en reste 10 pour six semaines de février et mars, et ils seront réservés aux vraies vagues de froid. Si 4 seulement ont été posés, le gestionnaire les distribuera plus largement, et un simple lundi frais peut devenir rouge. Cette lecture, combinée à la météo à cinq jours, permet de prévoir un jour rouge un ou deux jours avant son annonce officielle, et de lancer le lave-linge et le chauffe-eau la veille.
Heures creuses et EcoWatt : les signaux qui disent quand consommer
Période tarifaireDeux outils qui n’ont pas le même but. Les heures creuses sont un tarif, fixé d’avance. EcoWatt est une alerte, publiée trois jours avant, quand le réseau risque de manquer.
- Heures creuses : 8 heures par jour à prix réduit, fixées par commune. Historiquement la nuit, entre 22 h et 6 h ; depuis fin 2025, une partie des foyers reçoit des plages entre 11 h et 17 h, quand le solaire produit, avec toujours 5 heures au moins la nuit.
- Le compteur commande le chauffe-eau par son contact C1-C2 ; il suit tout seul la nouvelle plage. Un programmateur horaire, lui, doit être reprogrammé.
- EcoWatt vert : situation normale, rien à faire.
- EcoWatt orange : le réseau est tendu, en général entre 8 h et 13 h et entre 18 h et 20 h un jour de grand froid. Décaler ce qui peut l’être aide.
- EcoWatt rouge : sans baisse de consommation, des coupures organisées de deux heures peuvent toucher des quartiers à tour de rôle. Il n’a jamais été déclenché ; l’hiver 2022-2023 a compté une poignée d’orange.
Les deux se rejoignent : un jour Tempo rouge est presque toujours un jour EcoWatt orange, et l'heure où le réseau a besoin d'air est toujours la même, 18 h à 20 h. Une box qui reçoit le signal peut couper automatiquement le chauffe-eau ou décaler la borne ; sans box, un coup d'œil à la couleur du jour en haut de cette page suffit.
Le déplacement des heures creuses vers l'après-midi mérite un mot. Il vient de la courbe : depuis que le solaire couvre une part de la mi-journée, le creux de consommation nette n'est plus seulement la nuit, il est aussi entre 11 h et 17 h au printemps et en été. Placer des heures creuses à ce moment-là, c'est envoyer les chauffe-eau et les lave-linge là où l'électricité est en trop. Les foyers concernés sont prévenus par leur fournisseur avant le changement, qui s'étale jusqu'en 2027, et le compteur applique la nouvelle plage sans intervention.
Ce que la consommation du pays change chez vous : lave-linge, chauffe-eau, borne
Rien n’oblige à suivre la courbe. Mais ceux qui la suivent paient moins, et le geste tient en trois programmations.
- Le chauffe-eau1 600 kWh par an pour une famille. Sur le contact du compteur en heures creuses, il chauffe la nuit ou l’après-midi, jamais à 19 h. Gain : 80 € par an, et 1,5 kW de moins sur la pointe.
- Le lave-linge et le lave-vaisselleDépart différé sur les heures creuses, ou à 13 h les jours de soleil si vos plages sont l’après-midi. 300 cycles par an, 15 à 25 € de gain, zéro effort une fois le bouton trouvé.
- La borne de recharge2 000 kWh par an pour 12 000 km. Programmée en heures creuses, elle coûte 0,16 € le kWh au lieu de 0,19, 60 € de gain, et elle évite d’ajouter 7 kW à la pointe de 19 h, ce qui est exactement ce que le réseau demande. Le calcul est dans le calculateur de coût de recharge.
- Le chauffage un jour rougeBaisser de 2 °C de 6 h à 22 h, chauffer la nuit à 0,16 €, relancer à 22 h. Sur une maison de 9 000 kWh, c’est ce qui fait de Tempo une option gagnante.
Départ différéLe total, pour une maison tout électrique avec une voiture, dépasse 300 € par an sans changer de mode de vie, seulement l'heure. Et la contrepartie est visible sur la courbe du haut : chaque kilowatt déplacé de 19 h vers 3 h ou 14 h est un kilowatt qu'une centrale à gaz n'a pas à produire. Ce qui se voit à l'échelle du pays commence à l'échelle d'un tableau électrique, sur un contacteur jour-nuit à 20 €. La page du compteur Linky explique comment vérifier que le vôtre bascule bien.
Consommation, options tarifaires et recharge : les pages qui prolongent le direct
La courbe du pays et la facture d'une maison racontent la même chose à deux échelles. La page consommation donne les kilowattheures de chaque appareil, la formule du calcul et le comparatif des options tarifaires avec les prix 2026. La page de la borne de recharge détaille l'installation, les temps de charge et le coût à la maison contre les réseaux publics. Et le forum consommation, factures et solaire rassemble les factures réelles, les retours sur Tempo après un hiver complet, et les productions solaires mois par mois.

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