L’Arduino Uno repose sur un microcontrôleur ATmega328 et un ensemble de broches minutieusement agencées. Chaque pin joue un rôle précis dans les projets électroniques, de la simple LED aux systèmes embarqués plus élaborés.
Comprendre en détail le pinout, les limites de courant, les modes d’utilisation et les interfaces de communication transforme radicalement la façon de concevoir un montage. Une fois les broches maîtrisées, la carte devient un véritable couteau suisse électronique.
| Catégorie de broches | Utilisation typique | Bonnes pratiques | Idée de projet |
|---|---|---|---|
| Entrées / Sorties digitales (D0–D13) | Lecture de boutons, pilotage de LED, relais, modules simples | Éviter la surcharge de courant, utiliser des résistances de protection | Panneau de commande lumineux |
| Entrées analogiques (A0–A5) | Mesure de capteurs (température, lumière, potentiomètres) | Limiter le bruit électrique, utiliser GND commun | Station météo miniature |
| Pins PWM (~3, ~5, ~6, ~9, ~10, ~11) | Contrôle de moteurs, variation d’intensité lumineuse | Tester différentes fréquences pour réduire les bruits de moteurs | Lampe RGB programmable |
| Communication (TX/RX, I2C, SPI) | Connexion à écrans, modules radio, capteurs avancés | Éviter les conflits d’adresses I2C, vérifier les niveaux logiques | Dashboard affichage LCD + capteurs |
| Alimentation (5V, 3.3V, GND, Vin) | Alimenter capteurs, modules ou la carte elle-même | Toujours vérifier la consommation totale, éviter court‑circuits | Système autonome sur batterie |
Arduino Uno : architecture générale du pinout et caractéristiques électriques
L’Arduino Uno repose sur le microcontrôleur ATmega328, cadencé à 16 MHz et alimenté en 5 V. La carte offre un agencement de broches pensé pour expérimenter et prototyper des systèmes électroniques variés : capteurs, actionneurs, modules de communication ou interfaces utilisateur.
Le pinout se compose de 14 broches numériques (0 à 13), 6 entrées analogiques (A0 à A5), plusieurs broches d’alimentation, ainsi que des pins dédiés à la communication série, SPI et I2C. L’ensemble forme une plateforme cohérente pour l’apprentissage, le prototypage rapide et même certaines applications semi‑industrielles lorsque les contraintes sont respectées.

Résumé des caractéristiques matérielles clés
Les spécifications matérielles conditionnent directement la manière d’utiliser chaque broche. Une bonne compréhension de ces valeurs évite les comportements instables et les pannes matérielles.
| Caractéristique | Valeur / Détail |
|---|---|
| Microcontrôleur | ATmega328 |
| Fréquence horloge | 16 MHz |
| Tension de fonctionnement logique | 5 V |
| Alimentation recommandée (jack / VIN) | 7 V à 12 V |
| Limites d’alimentation (jack / VIN) | 6 V à 20 V |
| Broches numériques | 14 pins (0 à 13), dont 6 en PWM (3, 5, 6, 9, 10, 11) |
| Broches analogiques | 6 pins (A0 à A5), résolution 10 bits (0–1023) |
| Courant max par broche | 40 mA |
| Courant total max carte | 200 mA |
| Sortie 3,3 V | 50 mA max (régulateur LP2985 jusqu’à ~150 mA mais limité sur Uno) |
| Sortie 5 V via USB | Jusqu’à 500 mA (selon port USB et protections) |
| Dimensions | 74 × 53 × 15 mm |
« Sur Arduino Uno, chaque broche se pilote comme une ressource limitée. Un projet fiable respecte scrupuleusement les limites de courant et de tension avant même d’écrire la moindre ligne de code. »
Broches d’alimentation et de référence : cœur énergétique de la carte
Avant d’aborder les broches logiques, un passage par les pins d’alimentation sécurise la conception. Le schéma de distribution de l’énergie sur la carte détermine la stabilité de l’ensemble du montage.
Entrées d’alimentation : USB, jack et VIN
L’Arduino Uno accepte plusieurs sources d’alimentation, chacune reliée à des circuits de régulation distincts. Le choix de l’entrée influe sur l’échauffement du régulateur et la marge de sécurité électrique.
- USB (5 V) : connexion directe au bus 5 V du PC ou d’un chargeur USB. Idéal pour le développement, le téléversement de code et les petits montages consommant peu de courant.
- Jack d’alimentation : accepte en entrée entre 7 V et 12 V recommandés. Un régulateur linéaire abaisse cette tension vers 5 V. Une valeur trop élevée provoque une dissipation thermique importante.
- VIN : entrée brute connectée en amont du régulateur 5 V. Utilisation similaire au jack, typiquement 7–12 V pour rester dans une plage raisonnable.
Au‑delà de 12 V sur VIN ou le jack, le régulateur dissipe davantage d’énergie. Une charge gourmande en courant accentue ce phénomène et réduit la fiabilité du montage.

Broches 5 V, 3,3 V, GND, IOREF et RESET
Les broches d’alimentation en sortie servent de référence à l’ensemble des modules externes. Une mauvaise utilisation de ces pins entraîne chutes de tension, instabilités et comportements erratiques.
- 5V : sortie régulée 5 V. Alimente capteurs, modules logiques 5 V, écrans LCD, etc. Le courant total reste limité par le régulateur et la source (USB ou alimentation externe).
- 3.3V : sortie 3,3 V issue du régulateur LP2985. Courant disponible d’environ 50 mA. Destinée aux petits modules 3,3 V (capteurs I2C, petits modules radio, etc.).
- GND : plusieurs broches de masse (3 au total) réparties sur la carte. Toutes les masses des alimentations externes et des modules se rejoignent sur ces points.
- IOREF : indique la tension de référence logique de la carte (5 V sur Uno). Les shields peuvent utiliser cette pin pour s’adapter à la tension logique.
- RESET : permet de redémarrer le microcontrôleur. Un appui sur le bouton RESET ramène le programme au début. La broche RESET accepte aussi un signal externe pour forcer le redémarrage.
La broche AREF complète cet ensemble en offrant une référence de tension analogique pour les mesures. En mode avancé, elle remplace le 5 V comme référence des conversions analogiques, ce qui améliore la précision sur une plage restreinte.
Broches numériques (0 à 13) : entrées, sorties et fonctions spéciales
Les broches numériques constituent la base de la logique de commande. Chacune peut être configurée en entrée ou en sortie via la fonction pinMode(). Leur usage couvre l’allumage de LED, la lecture de boutons, le contrôle de relais, la production de signaux PWM et la gestion d’interfaces série ou SPI.

Capacités générales des broches numériques
Chaque pin numérique fonctionne sur une logique TTL 5 V. Un état LOW correspond à 0 V, un état HIGH à environ 5 V. Le courant maximum recommandé par broche reste limité à 40 mA, avec une enveloppe globale de 200 mA pour l’ensemble de la carte.
- Entrée numérique : lecture avec
digitalRead(). Utilisation fréquente pour capteurs, boutons, interrupteurs fin de course. - Sortie numérique : pilotage via
digitalWrite(). Commande de LED (avec résistance série), transistors, drivers de moteur, relais. - Résistance interne : une résistance interne d’environ 25 Ω protège la broche en cas de court‑circuit modéré, mais ne remplace pas une conception prudente.
Broches 0 et 1 : communication série (RX/TX) et téléversement
Les pins 0 (RX) et 1 (TX) sont reliées à l’interface UART matérielle de l’ATmega328. Elles assurent la communication avec le convertisseur USB‑série, utilisé pour le moniteur série et le téléversement des programmes.
- Pin 0 (RX) : reçoit les données série depuis le PC ou un autre appareil série.
- Pin 1 (TX) : transmet les données série vers le PC ou un autre appareil.
L’utilisation de ces broches pour d’autres fonctions numériques reste possible, mais interfère avec le téléversement et le débogage via le moniteur série. Lors de l’usage de la bibliothèque Serial, les pins 0 et 1 se réservent naturellement pour la liaison UART.
« Sur un projet final, réserver les broches 0 et 1 à la communication série simplifie le diagnostic, même plusieurs mois après la mise en service. »
Broches PWM : 3, 5, 6, 9, 10, 11
L’Arduino Uno propose 6 broches PWM capables de générer un signal de modulation de largeur d’impulsion. La fonction analogWrite() produit un rapport cyclique compris entre 0 et 255, correspondant à une résolution de 8 bits.
- Broches PWM disponibles : 3, 5, 6, 9, 10, 11.
- Fréquence PWM standard : environ 490 Hz pour la majorité des broches.
- Fréquence PWM plus élevée : environ 980 Hz pour les broches 5 et 6.
Le PWM pilotera des LED (variation d’intensité), des servomoteurs via bibliothèques dédiées, des moteurs DC avec drivers, ou encore des signaux de commande pour convertisseurs DC‑DC. Le signal reste numérique, mais la moyenne temporelle reproduit un comportement assimilé à une tension variable.
Broches SPI : 10, 11, 12, 13 et LED embarquée
Le bus SPI (Serial Peripheral Interface) utilise les broches suivantes sur Arduino Uno :
- Pin 10 : SS (Slave Select)
- Pin 11 : MOSI (Master Out Slave In)
- Pin 12 : MISO (Master In Slave Out)
- Pin 13 : SCK (Serial Clock) + LED intégrée
Ces pins permettent la communication rapide avec des périphériques tels que cartes SD, convertisseurs DAC/ADC spécialisés, modules radio ou afficheurs graphiques. La broche 13 intègre aussi une LED embarquée, très pratique pour des tests simples ou des signaux d’état.
Interruptions externes : broches 2 et 3
Les broches 2 et 3 gèrent les interruptions externes. Elles déclenchent l’exécution d’une fonction dédiée (ISR) lors d’un changement d’état logiquement défini (front montant, descendant, changement quelconque).
- Usage classique avec
attachInterrupt()etdetachInterrupt(). - Pratique pour les encodeurs rotatifs, détecteurs de passage, signaux de synchronisation, entrées de sécurité.
L’exploitation des interruptions évite les boucles de scrutation bloquantes et rend la réaction aux événements plus réactive, surtout sur des signaux brefs.
Broches analogiques A0 à A5 : mesure de tension et fonctions multiples
Les broches A0 à A5 jouent plusieurs rôles. Par défaut, elles servent d’entrées analogiques reliées au convertisseur analogique‑numérique (ADC) 10 bits de l’ATmega328. Certaines d’entre elles prennent aussi en charge le bus I2C.
Mesure analogique : résolution et plage de tension
L’ADC mesure des tensions comprises entre 0 V et la tension de référence. Sur Arduino Uno, cette référence vaut 5 V par défaut, sauf configuration différente avec la broche AREF.
- Résolution : 10 bits, soit 1024 valeurs (0 à 1023).
- Plage typique : 0 à 5 V (ou 0 à Vref personnalisée).
- Fonction :
analogRead(Ax)renvoie un entier entre 0 et 1023.
La tension mesurée se calcule par la relation Vmes = valeur * (Vref / 1023). Une référence externe plus basse améliore la précision sur de faibles tensions, utile pour capteurs analogiques à petite amplitude.
« Sur un capteur de type potentiomètre, le passage de Vref = 5 V à Vref = 3,3 V resserre la plage de mesure et augmente la finesse de résolution sur la zone utile. »
Broches analogiques en mode numérique
Les pins A0 à A5 se comportent aussi comme entrées/sorties numériques. Elles s’utiliseront avec pinMode(), digitalWrite() et digitalRead() en leur donnant leur numéro numérique interne (14 à 19) ou directement leur notation Ax selon le code.
Ce double usage augmente la flexibilité. Sur un projet avec beaucoup d’E/S, les broches analogiques complètent les 14 broches numériques classiques pour atteindre un total de 20 entrées/sorties logiques potentielles.
I2C sur A4 (SDA) et A5 (SCL)
Les broches A4 et A5 assurent également la fonction I2C (bus TWI) :
- A4 : SDA (données série)
- A5 : SCL (clock série)
Ce bus relie plusieurs capteurs ou modules sur seulement deux fils partagés, chacun ayant sa propre adresse. Des écrans OLED, capteurs d’humidité, boussoles numériques ou modules GPS se connectent couramment via I2C. La bibliothèque Wire gère la plupart des détails protocolaires.
Fonctions logicielles essentielles liées aux broches
La compréhension du pinout s’accompagne d’une bonne maîtrise des fonctions de base fournies par l’API Arduino. Ces fonctions assurent le lien entre la configuration matérielle des broches et le comportement du programme.
Configuration des broches : pinMode()
La fonction pinMode() définit le rôle de chaque pin numérique ou analogique utilisée en mode digital. Elle prépare le microcontrôleur à émettre ou recevoir un signal stable.
- INPUT : la broche lit un signal externe.
- INPUT_PULLUP : la broche active une résistance interne connectée au 5 V, utile pour les boutons câblés vers la masse.
- OUTPUT : la broche fournit un signal HIGH/LOW.
Une broche potentiellement flottante en entrée sans résistance de rappel (interne ou externe) provoque des lectures instables. L’usage de INPUT_PULLUP ou d’un pont résistif externe stabilise les mesures.
Entrées/sorties numériques : digitalRead() et digitalWrite()
Les fonctions digitalRead() et digitalWrite() pilotent les broches numériques. Ce couple simple couvre une large majorité d’usages : gestion de boutons, de LED, de relais, de triggers, etc.
digitalWrite(pin, HIGH)applique environ 5 V sur la broche configurée en sortie.digitalWrite(pin, LOW)relie la broche à la masse.digitalRead(pin)renvoieHIGHouLOWselon l’état logique détecté.
Sur des signaux rapides ou critiques, des fonctions plus bas niveau (manipulation directe des registres) optimisent la vitesse, mais l’API standard suffit pour un large spectre de projets pédagogiques et prototypes.
Lecture analogique : analogRead()
La fonction analogRead() se focalise sur les broches A0 à A5. Elle déclenche une conversion analogique‑numérique et renvoie une valeur entière correspondant à la tension mesurée.
- Lecture typique d’un potentiomètre, d’un capteur de lumière (LDR), d’un capteur de température analogique.
- Mesures de tension divisées via ponts résistifs pour respecter la plage 0–5 V.
La stabilité des lectures dépend de la qualité de l’alimentation, du câblage, du filtrage (condensateurs) et de la référence de tension. Un filtrage logiciel (moyenne glissante, médiane) lisse les valeurs en présence de bruit.
Sortie PWM simulée : analogWrite()
La fonction analogWrite() n’envoie pas une véritable tension analogique, mais un signal PWM filtrable par les composants en aval. Elle s’utilise uniquement sur les broches disposant du symbole ~ sur le PCB (3, 5, 6, 9, 10, 11).
analogWrite(pin, 0)équivaut à 0 % de rapport cyclique (broche à LOW).analogWrite(pin, 255)équivaut à 100 % (broche à HIGH permanent).- Les valeurs intermédiaires ajustent la largeur d’impulsion en conséquence.
Ce mécanisme simule une tension moyenne entre 0 et 5 V, interprétée par certains circuits comme une variation continue. Après un filtrage RC ou via un driver adapté, le PWM devient une commande analogique exploitable.
Consommation, limites de courant et bonnes pratiques de câblage
L’Arduino Uno présente une consommation propre comprise entre environ 41 et 55 mA selon l’usage de la LED embarquée et des périphériques internes. À cela s’ajoute le courant consommé par les modules et charges connectés aux broches.
Répartition du courant sur les broches
Chaque broche supporte jusqu’à 40 mA, mais ce plafond se conçoit comme une limite à ne pas atteindre régulièrement. La gestion du courant total (200 mA maximum) impose une vision globale du schéma de câblage.
- Limiter chaque sortie à quelques milliampères pour les LED et signaux logiques.
- Reporter la puissance sur des circuits externes pour les moteurs, solénoïdes et rubans LED.
- Prévoir des résistances de limitation, diodes de roue libre et drivers spécialisés.
La protection interne (environ 25 Ω par broche) atténue certains défauts momentanés, mais la conception reste la première barrière de sécurité.
Choix de l’alimentation externe et impacts thermiques
L’alimentation via jack ou VIN reste pratique, mais entraîne une dissipation thermique significative dès que la tension d’entrée dépasse 9 V et que la charge devient importante. Une alimentation 7–9 V offre un compromis entre marge de régulation et échauffement.
- Pour de nombreux capteurs peu gourmands, 9 V restent adaptés.
- Pour des ensembles de servos ou moto‑réducteurs, une alimentation dédiée pour la puissance s’impose.
Une surveillance ponctuelle de la température du régulateur et une estimation de la puissance dissipée renforcent la fiabilité sur la durée.
Interfaces de communication : série, I2C, SPI et usages typiques des broches
Le pinout de l’Arduino Uno, au‑delà des E/S simples, concentre plusieurs bus de communication. Ces interfaces ouvrent la voie à une intégration avec des modules externes avancés.
UART matériel sur 0/1 et moniteur série
Comme évoqué, les pins 0 (RX) et 1 (TX) gèrent l’interface série matérielle. Le moniteur série de l’IDE Arduino exploite ce lien pour afficher des données de débogage, des mesures de capteurs ou les journaux d’événements.
En combinant Serial.begin(9600) et l’usage de Serial.print(), chaque étape critique du programme s’observe en temps réel. Le routage de ces broches vers un module Bluetooth série, un autre microcontrôleur ou un port série industriel reste courant sur des projets plus avancés.
Bus I2C via A4/A5 et réseau de capteurs
Le bus I2C rend possible la création d’un réseau de capteurs compacts : température, pression, accéléromètre, gyroscope, magnétomètre, etc. Tous partagent A4 et A5, chacun avec une adresse propre. Les résistances de tirage (pull‑up) vers 5 V ou 3,3 V se placent sur ces lignes.
ArduinoPiloter un relais 230 V avec Arduino en sécurité : 5 erreurs à éviterDans un environnement bruité, la longueur des câbles I2C et la vitesse du bus influencent la fiabilité. Une topologie compacte, des câbles torsadés et une fréquence I2C modérée améliorent la robustesse de la communication.
Bus SPI et périphériques rapides
Le bus SPI, plus rapide que l’I2C, se révèle utile pour les systèmes nécessitant un débit plus soutenu : stockage sur carte SD, écrans couleur, DAC/ADC haute vitesse, liaisons radio.
- La ligne SS (pin 10 par défaut) sélectionne le périphérique adressé.
- Plusieurs esclaves SPI partagent MOSI, MISO et SCK tout en disposant de leurs lignes SS individuelles.
La bonne organisation des broches SS et la gestion logicielle de leur état définissent la propreté des échanges SPI lorsqu’un même Arduino Uno pilote plusieurs périphériques.
Exemples d’usages des broches : du prototype simple au projet structuré
La compréhension théorique du pinout prend toute sa valeur dans des scénarios concrets. Les combinaisons possibles de broches et de bus structurent la manière d’aborder un système embarqué.
Montages simples : LED, bouton et capteur analogique
Un premier montage typique associe :
- Une LED sur la broche 13 (ou une autre broche numérique) avec résistance série.
- Un bouton sur la broche 2, avec résistance de pull‑up interne activée.
- Un potentiomètre sur A0 pour ajuster une valeur de consigne.
Un tel setup illustre déjà plusieurs concepts : lecture numérique, lecture analogique, sortie numérique, gestion logicielle des états et voir, en option, débounce logiciel. Le pinout de l’Arduino Uno reste assez intuitif pour visualiser rapidement ces connexions.
Projets intermédiaires : servomoteurs, capteurs I2C et stockage SPI
Sur des projets plus structurés, on retrouve fréquemment :
- Plusieurs servomoteurs pilotés via des broches PWM (9, 10, 11), mais alimentés par une source externe.
- Un capteur IMU (accéléromètre + gyroscope) relié sur le bus I2C (A4/A5).
- Une carte SD connectée sur le bus SPI (10–13).
Un tel projet combine intensivement les différentes familles de broches : numériques classiques, PWM, analogiques, I2C, SPI. La répartition réfléchie des pins limite les conflits et simplifie le routage du câblage sur breadboard ou shield.
Domotique et interaction avec le secteur
En domotique, l’Arduino Uno pilote souvent des modules relais pour contrôler l’éclairage, les volets roulants ou des prises commandées. Les broches numériques fournissent uniquement le signal de commande, la partie puissance répond aux contraintes de la basse ou haute tension selon l’usage.
La maîtrise du pinout s’accompagne ici d’une compréhension claire des limites de la carte face aux normes de sécurité électrique. Un relais ou un module SSR fait l’interface entre la logique 5 V et le réseau 230 V. La conception globale s’analyse alors comme une mini‑installation électrique, à rapprocher des logiques de coût d’une installation électrique professionnelle.
« L’Arduino Uno ne remplace jamais un disjoncteur ou un interrupteur différentiel. Il pilote uniquement des organes de commande certifiés, insérés dans un schéma électrique conforme aux normes en vigueur. »
Tableau récapitulatif : fonctions principales de chaque broche
Le tableau suivant synthétise les caractéristiques majeures des broches de l’Arduino Uno. Il sert de pense‑bête lors de la conception d’un nouveau projet ou du placement des connexions sur un shield.
| Broche | Type | Fonctions principales |
|---|---|---|
| 0 (RX) | Numérique | Entrée série UART, téléversement, moniteur série |
| 1 (TX) | Numérique | Sortie série UART, téléversement, moniteur série |
| 2 | Numérique | Entrée/sortie, interruption externe INT0 |
| 3 (~) | Numérique PWM | Entrée/sortie, PWM ~490 Hz, possible interruption |
| 4 | Numérique | Entrée/sortie générale |
| 5 (~) | Numérique PWM | Entrée/sortie, PWM ~980 Hz |
| 6 (~) | Numérique PWM | Entrée/sortie, PWM ~980 Hz |
| 7 | Numérique | Entrée/sortie générale |
| 8 | Numérique | Entrée/sortie générale |
| 9 (~) | Numérique PWM | Entrée/sortie, PWM ~490 Hz |
| 10 (~) | Numérique PWM | Entrée/sortie, PWM, SPI SS |
| 11 (~) | Numérique PWM | Entrée/sortie, PWM, SPI MOSI |
| 12 | Numérique | Entrée/sortie, SPI MISO |
| 13 | Numérique | Entrée/sortie, SPI SCK, LED embarquée |
| A0–A3 | Analogique / Numérique | Entrées analogiques, E/S numériques 14–17 |
| A4 | Analogique / I2C | Entrée analogique, SDA I2C, E/S numérique 18 |
| A5 | Analogique / I2C | Entrée analogique, SCL I2C, E/S numérique 19 |
| 5V | Alimentation | Sortie 5 V régulée |
| 3.3V | Alimentation | Sortie 3,3 V, 50 mA max |
| GND | Référence | Broches de masse (3 points distincts) |
| VIN | Alimentation | Entrée brute 7–12 V recommandée |
| AREF | Référence | Référence analogique externe pour l’ADC |
| RESET | Contrôle | Réinitialisation du microcontrôleur |
| IOREF | Référence logique | Tension logique de la carte (5 V sur Uno) |
Avec cette vision détaillée du pinout de l’Arduino Uno, chaque broche prend un rôle précis dans le schéma électronique général, depuis la phase de prototypage jusqu’à l’intégration dans un système plus large, qu’il s’agisse d’un objet connecté, d’un banc de test ou d’une interface avec une installation électrique encadrée par des normes professionnelles.






