Transformer un Raspberry Pi en NAS ouvre un accès simple, silencieux et économique au stockage réseau. Avec quelques composants bien choisis et une configuration propre, un Pi gère le partage de fichiers, les sauvegardes automatiques et même du streaming multimédia pour toute la maison.
Entre les limites matérielles, les optimisations réseau, les systèmes de fichiers et les choix logiciels, chaque décision a un impact concret sur les performances et la fiabilité. Les prochaines sections détaillent ces points un par un, avec des recommandations précises pour bâtir un serveur de fichiers cohérent.
| Élément clé | Synthèse |
|---|---|
| Objectif 🎯 | Transformer un Raspberry Pi en serveur de stockage réseau accessible depuis différents appareils. |
| Matériel requis | Un Raspberry Pi, un disque dur externe et une connexion réseau stable. |
| Logiciels utilisés | Samba ou alternatives similaires pour le partage de fichiers. |
| Avantages principaux | Solution économique, flexible, économe en énergie et adaptée au stockage personnel. |
| Cas d’usage | Sauvegardes, partage de documents, accès centralisé aux médias 📁📺. |
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Pourquoi transformer un Raspberry Pi en NAS domestique
Un NAS basé sur Raspberry Pi remplace avantageusement un disque USB branché sur un PC ou une box Internet. Le serveur reste allumé, consomme peu d’énergie, centralise photos, vidéos, documents et gère les accès pour tous les appareils du réseau : PC, smartphones, TV connectée, consoles de jeux.
Cette approche s’adresse autant aux débutants qu’aux utilisateurs avancés. L’écosystème logiciel autour du Raspberry Pi est mature, la communauté est active, et les solutions comme OpenMediaVault, Samba, NFS ou encore Nextcloud couvrent la plupart des besoins de stockage en réseau.
Le Raspberry Pi 5 apporte un gain concret : bus PCIe pour NVMe, performances réseau stables, gestion améliorée de l’USB et meilleure réactivité globale. Sur un projet de NAS, ces progrès se traduisent par des transferts plus réguliers et une meilleure tenue avec plusieurs utilisateurs connectés.

Choisir le bon modèle de Raspberry Pi pour un NAS
Tous les modèles de Raspberry Pi ne se valent pas pour un rôle de serveur de fichiers. Le CPU, la RAM, le réseau et les options de stockage influencent directement le débit et la réactivité du NAS.
Les informations suivantes aident à trancher entre Raspberry Pi 4 et Raspberry Pi 5, en tenant compte de la charge prévue : simple partage de fichiers, usage multimédia, ou petit serveur multi-services (NAS + serveur Samba + ad-blocking + domotique).
Raspberry Pi 5 : le choix le plus cohérent pour un NAS moderne
Le Raspberry Pi 5 apporte un bond de performances non négligeable, en particulier pour un NAS :
- Interface PCIe pour SSD NVMe (via adaptateur), offrant des débits soutenus.
- USB 3 plus stable, utile pour un SSD externe ou un disque dur 2,5″ alimenté par le Pi.
- Ethernet Gigabit capable de s’approcher des 80–100 Mo/s en conditions réelles.
- Gestion thermique améliorée, surtout avec un boîtier ventilé.
Sur un Pi 5, un SSD NVMe en PCIe atteint typiquement 400–500 Mo/s en lecture et 300–400 Mo/s en écriture, avec un random I/O excellent. Ces performances dépassent largement les besoins du réseau Gigabit, mais elles améliorent la réactivité globale : indexation de fichiers, métadonnées, bases de données, services annexes (ad-blocking, domotique).
Raspberry Pi 4 : encore pertinent, avec quelques limites
Un Raspberry Pi 4 reste utilisable pour un NAS, surtout si un Pi 5 n’est pas disponible. Sur ce modèle, l’USB 3 atteint environ 350 Mo/s en théorie et l’Ethernet Gigabit environ 120 Mo/s, ce qui suffit pour saturer un lien réseau domestique classique.
ÉlectroniqueChamp électrique : les notions fondamentales expliquées simplementEn pratique, avec un serveur de fichiers type OpenMediaVault sur un Pi 4 :
- 95–100 Mo/s en écriture vers le NAS.
- Environ 200 Mo/s en lecture dans de bonnes conditions.
Pour un simple partage de fichiers et quelques flux multimédia, ce niveau de performances reste confortable. En revanche, la marge pour exécuter plusieurs services lourds (NAS + conteneurs + bases de données) se réduit, et la montée en charge se ressent rapidement.

Comprendre les options de stockage pour un NAS Raspberry Pi
Le stockage définit la capacité, la vitesse, la fiabilité et la durée de vie du NAS. Trois grandes options dominent sur Raspberry Pi : SSD NVMe (Pi 5), SSD USB 3 et carte microSD. Chaque solution présente des forces et des contraintes.
Comparatif des performances de stockage sur Raspberry Pi 5
Les mesures ci-dessous synthétisent des scénarios représentatifs : séquentiel (gros fichiers) et accès aléatoires (petits fichiers, métadonnées, bases de données).
| Support | Lecture (Mo/s) | Écriture (Mo/s) | Random I/O | Usage conseillé |
|---|---|---|---|---|
| SSD NVMe (PCIe) | 400–500 | 300–400 | Excellent | Volume principal NAS, bases de données, Nextcloud |
| SSD USB 3 | 100–150 | 80–120 | Bon | NAS domestique, sauvegardes, multimédia |
| Carte microSD | 20–40 | 15–30 | Faible | Système de base uniquement, pas pour les données |
Sur un Pi 5, un SSD NVMe dépasse largement l’USB 3 en débit brut et en latence. Les vitesses NFS restent supérieures à celles obtenues depuis un SSD USB 3 ou une microSD. Pour un NAS destiné à durer et à encaisser une charge régulière, ce support devient la référence.

Carte microSD : à réserver au système, pas aux données
Le Raspberry Pi démarre traditionnellement sur une carte microSD. Pour un NAS, ce choix reste acceptable pour le système, mais il ne convient pas au stockage des données :
- Stockage limité à quelques dizaines ou centaines de Go.
- Performances en écriture modestes : 15–30 Mo/s dans le meilleur des cas.
- Usure en écriture élevée, surtout avec des journaux et des bases de données.
La microSD doit héberger le système d’exploitation ou l’amorçage, rien de plus. Les dossiers utilisateurs, partitions de données et partages réseau se trouvent sur un SSD ou un disque dur externe.
« Les cartes microSD restent pratiques pour démarrer un Raspberry Pi, mais leur endurance ne répond pas aux contraintes d’un service de stockage actif en continu. »
noatime limite les écritures inutiles liées à la mise à jour de la date d’accès des fichiers. Cette simple option réduit l’usure sur la durée.
SSD USB 3 et disques durs externes
Le SSD USB 3 représente un excellent compromis coût/performance pour un NAS domestique. Avec 80–120 Mo/s en écriture et jusqu’à 150 Mo/s en lecture, le stockage reste largement au niveau du réseau Gigabit utilisé par les clients.
Pour un usage orienté multimédia ou sauvegarde, un disque dur 2,5″ USB offre jusqu’à 2 To (et plus selon les modèles) pour un budget raisonnable. Les plateaux mécaniques assurent un bon rapport capacité/prix mais réagissent moins bien que les SSD sur les accès aléatoires et les multiples petits fichiers.
- NAS photo/vidéo partagé en famille.
- Sauvegarde Time Machine (via Samba) ou Windows.
- Bibliothèque pour lecteur multimédia type Kodi ou TV connectée.
Pour sécuriser l’alimentation, un boîtier avec alimentation externe pour le disque devient utile dès que l’on dépasse un simple SSD 2,5″ basse consommation.
SSD NVMe sur Raspberry Pi 5 : performance et réactivité
Le SSD NVMe connecté via adaptateur PCIe tire parti du nouveau bus du Pi 5. Les vitesses séquentielles atteignent plusieurs centaines de Mo/s, les accès aléatoires sont très rapides et la latence très faible. Les tests NFS avec des paquets de 32 ko montrent des vitesses supérieures aux autres supports.
Sur un usage NAS :
- Temps de réponse réduit lors de l’ouverture de gros répertoires.
- Transferts simultanés plus réguliers avec plusieurs utilisateurs.
- Services annexes (indexation, moteurs de recherche, Nextcloud) plus réactifs.
L’écart se ressent surtout dès que le serveur encaisse plusieurs flux et opérations parallèles, par exemple une sauvegarde, un streaming 4K en lecture directe et une synchronisation de fichiers.
Réseau : tirer parti du Gigabit Ethernet sur Raspberry Pi
Un NAS digne de ce nom s’appuie sur une connexion réseau filaire stable. Le Raspberry Pi 4 et le Pi 5 intègrent un port Gigabit Ethernet, qui dépasse largement la vitesse d’un Wi-Fi domestique courant pour cette utilisation.
Performances réseau réelles d’un NAS Raspberry Pi
En conditions réelles, les transferts sur un réseau Gigabit atteignent généralement entre 80 et 100 Mo/s depuis ou vers un Raspberry Pi bien configuré. Ce niveau dépend :
- De la qualité du switch ou de la box.
- Des câbles (Cat5e ou Cat6 recommandés).
- Du protocole utilisé (Samba, NFS, FTP).
- Du type de fichiers (gros fichiers vs milliers de petits fichiers).
Avec NFS, des paquets de 32 ko offrent un bon compromis entre débit et charge CPU. Pour les bases de données ou les applications nécessitant un temps de réponse court, la configuration des tailles de paquets NFS et des paramètres TCP a un impact direct.
Nombre d’utilisateurs simultanés sur un NAS Raspberry Pi
Sur un Raspberry Pi 5, un NAS gère généralement 3 à 5 utilisateurs simultanés dans de bonnes conditions, avec des usages mélangés :
- Accès à des documents bureautiques.
- Lecture de vidéos en local sur le réseau.
- Sauvegardes périodiques en tâche de fond.
Au-delà, le CPU et le stockage commencent à être sollicités de manière plus soutenue. Les temps de réponse augmentent et les débits baissent de façon perceptible, surtout sur les petits fichiers et les opérations de métadonnées.
Logiciels à installer pour créer un serveur de fichiers sur Raspberry Pi
La configuration logicielle structure le projet NAS. Sur Raspberry Pi, plusieurs briques logicielles se combinent pour former une solution cohérente : système d’exploitation, services de partage, gestion des utilisateurs, interface d’administration.
Système d’exploitation : Raspberry Pi OS ou distribution orientée NAS
Pour un NAS, Raspberry Pi OS Lite (sans interface graphique) représente une base solide. Le mode serveur sans GUI économise de la RAM, réduit la charge CPU et limite les écritures inutiles sur le disque système.
Alternatives :
- OpenMediaVault : distribution orientée NAS, interface web complète, gestion intégrée des disques, des partages, des utilisateurs, des plugins.
- Ubuntu Server pour Raspberry Pi : base Debian avec gestion de paquets familière et support de nombreux services serveur.
OpenMediaVault simplifie la mise en place de RAID, de partages Samba/NFS, des quotas, de la gestion SMART et de la supervision. Pour un utilisateur qui veut un NAS clé en main sur Raspberry Pi, cette solution constitue un socle solide.
Partage de fichiers : Samba, NFS et autres protocoles
Deux protocoles dominent l’usage NAS domestique : Samba (SMB) et NFS. Chacun cible des systèmes clients différents et répond à des scénarios particuliers.
- Samba (SMB) : choix naturel pour Windows, macOS, TV connectées et de nombreuses applications multimédia.
- NFS : très utilisé sous Linux, efficace pour les montages permanents et certains usages serveur à serveur.
Un même Raspberry Pi héberge sans difficulté les deux services. Un partage Samba pour les postes de travail et un partage NFS pour un serveur Linux ou un autre Pi se complètent très bien.
Pour approfondir la configuration de Samba sur Raspberry Pi (droits, utilisateurs, performances), la ressource suivante fournit un pas-à-pas détaillé : tutoriel Samba sur Raspberry Pi.
OpenMediaVault : transformer un Raspberry Pi en NAS complet
OpenMediaVault (OMV) propose une interface web permettant de gérer la plupart des aspects d’un NAS :
- Création et formatage de volumes.
- Gestion de RAID logiciel avec
mdadm. - Configuration de Samba, NFS, FTP, Rsync.
- Surveillance SMART et alertes par e-mail.
Sur Raspberry Pi 4, des tests montrent une écriture autour de 95–100 Mo/s et une lecture autour de 200 Mo/s via OMV, ce qui correspond à un NAS bien dimensionné sur réseau Gigabit.
« OMV apporte un cadre structuré pour administrer un NAS sur Raspberry Pi : interface web, gestion des disques, surveillance et plugins. L’utilisateur garde la main tout en évitant une configuration 100 % en ligne de commande. »
Installer et configurer un NAS sur Raspberry Pi : feuille de route
La mise en place suit une série d’étapes logiques, de l’écriture de l’image système à la configuration des utilisateurs et des partages. Cette feuille de route s’applique aussi bien à Raspberry Pi OS + Samba qu’à OMV.
Préparation du système
Étapes de base :
- Télécharger l’image de Raspberry Pi OS Lite ou OMV pour Raspberry Pi.
- Écrire l’image sur la microSD avec un outil dédié (Raspberry Pi Imager, Balena Etcher).
- Configurer le SSH (fichier
sshvide à la racine de la partition boot si nécessaire). - Démarrer le Pi, mettre à jour le système (
apt update,apt upgrade).
Une fois ces opérations réalisées, la configuration réseau et le montage des disques se font en ligne de commande ou via l’interface OMV selon la solution choisie.
Montage et formatage des disques de données
Sur un NAS, la structure des partitions et le choix du système de fichiers orientent les capacités d’évolution et la fiabilité. Les systèmes de fichiers les plus répandus sont ext4 et, pour des besoins avancés, Btrfs ou ZFS (ce dernier reste plus exigeant en ressources).
Points de vigilance :
- Éviter d’écrire les données utilisateur sur la microSD.
- Attribuer un point de montage fixe (
/srv/nas,/mnt/data, etc.). - Activer les options de montage adaptées (
noatime, éventuellementnodiratime).
Avec OMV, ces opérations se font via l’interface web. Sous Raspberry Pi OS, fstab gère les montages permanents. La cohérence des UUID et des points de montage garantit que le NAS retrouve ses volumes même après redémarrage.
Création des utilisateurs et des partages
Un serveur de fichiers bien pensé sépare clairement les zones :
- Dossiers partagés pour tout le monde (photos familiales, multimédia).
- Dossiers individuels privés pour chaque utilisateur.
- Dossiers de sauvegarde pour les PC, téléphones ou autres serveurs.
Sous Samba, chaque partage possède son chemin, ses autorisations et ses paramètres d’accès. Sous NFS, les droits s’appuient sur les UID/GID et la configuration des clients. La documentation interne de Samba et NFS explique précisément la signification de chaque option.
Protection des données : RAID et sauvegardes sur Raspberry Pi
La protection des données ne se limite pas à la duplication locale. Un NAS repose sur un équilibre entre RAID, sauvegardes externes et parfois synchronisation distante.
RAID logiciel avec mdadm sur Raspberry Pi
Le Raspberry Pi gère le RAID logiciel via mdadm. Plusieurs niveaux sont utilisables :
- RAID 1 : miroir de deux disques, continuité de service si un disque tombe en panne.
- RAID 5 : striping avec parité, nécessite trois disques ou plus.
Les solutions matérielles mentionnent la possibilité de RAID sur Raspberry Pi, soit via boîtiers USB multi-baies, soit via plusieurs disques externes reliés au Pi. OMV intègre la configuration de RAID dans son interface, tandis qu’un Raspberry Pi OS nécessitera la ligne de commande.
Sauvegardes externes recommandées
Les sauvegardes se déclinent en plusieurs stratégies complémentaires :
- Sauvegarde locale vers un deuxième disque USB, déconnecté hors des fenêtres de synchronisation.
- Sauvegarde distante vers un autre Raspberry Pi, un serveur distant ou un stockage cloud.
- Snapshots fréquents si le système de fichiers le permet (Btrfs, ZFS).
Les informations de base indiquent que des sauvegardes externes restent recommandées même lorsqu’un RAID est en place. Un simple script rsync programmé via cron couvre déjà une partie des risques.
Services annexes utiles sur un NAS Raspberry Pi
Un Raspberry Pi qui héberge un NAS peut rendre d’autres services sans sacrifier la stabilité, à condition de rester raisonnable. Certains usages restent légers pour le CPU et la RAM, d’autres en demandent davantage.
Serveur DNS avec AdGuard Home
AdGuard Home constitue un cas d’usage léger et efficace. Sur Raspberry Pi 5, la consommation CPU reste rarement au-dessus de 5 %, avec des pointes autour de 10–15 %. La consommation de RAM atteint 100–200 Mo selon la configuration et le nombre de requêtes.
Les chiffres de charge montrent qu’AdGuard gère plus de 1000 requêtes DNS par seconde en laboratoire, avec une latence inférieure à 10 ms. Sur un réseau domestique, cette marge permet de l’associer à un NAS sans mettre le système en difficulté.
Streaming multimédia et transcodage
Sur Raspberry Pi 5, le streaming 4K en lecture directe fonctionne très bien lorsque le client lit le flux sans transcodage. Le serveur ne fait que lire les données sur le stockage et les envoyer sur le réseau, ce qui reste peu coûteux pour le CPU.
ÉlectroniqueBien chauffer son atelier d’électronique : confort, sécurité et continuité de travailPour le transcodage vidéo :
- Le Pi 5 gère généralement 1 flux 1080p transcodé de manière fluide.
- En lecture directe, 3 à 5 flux simultanés restent réalistes sur un réseau Gigabit stable.
Les limites CPU apparaissent rapidement si le serveur doit réencoder en temps réel plusieurs flux lourds. Dans ce cas, privilégier la lecture directe et adapter les bibliothèques vidéo au format supporté par les appareils clients.
Domotique et services complémentaires
Un Raspberry Pi 5 hébergeant un NAS prend aussi en charge un contrôleur domotique comme Home Assistant. Sur Pi 5, le démarrage de Home Assistant est environ 30 % plus rapide que sur Pi 4, ce qui améliore le confort d’exploitation et le délai de redémarrage après mise à jour.
Les autres services courants incluent :
- Synchronisation de fichiers type Nextcloud/OwnCloud (mentionnés comme solutions logicielles possibles).
- Serveur de sauvegarde pour autres Raspberry Pi du réseau.
- Serveur de fichiers dédié pour projets techniques, par exemple projets Raspberry Pi d’apprentissage ou de prototypage.
L’ensemble de ces services se cumule tant que le CPU, la RAM et le stockage ne saturent pas. Une supervision minimale (charge, température, espace disque) reste judicieuse pour ajuster progressivement la configuration.
Gestion de la température, de la puissance et de la fiabilité
Un NAS tourne en continu. La stabilité sur la durée dépend donc de la gestion thermique, de la qualité de l’alimentation et du respect des limites matérielles.
Température et throttling sur Raspberry Pi
Le Raspberry Pi 5 commence à réduire sa fréquence (throttling) autour de 80 °C. Dans un boîtier ventilé et avec un SSD bien positionné, la température reste en dessous de ce seuil dans la plupart des scénarios d’usage NAS.
Pour éviter les surprises :
- Installer dissipateur et ventilateur dans un boîtier adapté au Pi 4 ou Pi 5.
- Éviter les boîtiers totalement clos sans flux d’air.
- Surveiller la température via
vcgencmd measure_tempou un tableau de bord OMV.
Alimentation conseillée pour un NAS Raspberry Pi
Entre le Raspberry Pi, le SSD, les disques externes et éventuellement un ventilateur, la marge sur l’alimentation revêt une importance particulière. Les recommandations mentionnent une puissance de 27 W pour un ensemble stable.
Une alimentation sous-dimensionnée engendre :
- Déconnexions de disques USB.
- Corruption de données lors de coupures brutales.
- Redémarrages inopinés du Pi.
Une alimentation officielle de qualité, complétée par un boîtier de disque avec alimentation séparée si nécessaire, assure un fonctionnement régulier du NAS.
Connaître les limites matérielles d’un NAS Raspberry Pi
Un NAS sur Raspberry Pi reste contraint par certains points :
- RAM utilisée par un bureau graphique : un environnement desktop consomme rapidement plusieurs centaines de Mo, alors que le mode serveur exploite mieux 2 Go de RAM.
- CPU limité pour le transcodage massif ou de gros traitements simultanés.
- Stockage sur microSD inadapté pour les données actives et les écritures intensives.
- Usure des supports flash en cas de logs et de bases de données mal configurées.
En gardant ces limites en tête et en s’appuyant sur un SSD externe ou NVMe, le Raspberry Pi reste à l’aise pour un rôle de serveur de fichiers domestique, avec un coût matériel contenu (un Pi en dessous de 50 $ selon les versions, plus un disque externe adapté).
Optimiser les performances d’un NAS Raspberry Pi
Une fois le NAS fonctionnel, quelques réglages donnent un gain notable sur les performances et la longévité. L’objectif : fluidité des transferts, réduction des accès disque inutiles, meilleurs temps de réponse.
Réglages de montage et système de fichiers
Sur les volumes de données, plusieurs options méritent une attention particulière :
noatime: évite la mise à jour de la date d’accès à chaque lecture.nodiratime: variante orientée répertoires (souvent incluse avecnoatime).- Alignement des partitions sur les blocs physiques des SSD.
Sur un SSD NVMe ou USB, ces réglages limitent les écritures inutiles, améliorent la réactivité et participent à la longévité du support. OMV intègre une partie de ces options dans ses templates de montage.
Optimisation des protocoles Samba et NFS
Pour Samba, quelques paramètres influencent le débit :
- Version du protocole SMB (SMB3 pour des clients récents).
- Taille du cache de lecture/écriture.
- Options d’authentification et de chiffrement selon le niveau de sécurité recherché.
Pour NFS, la taille des blocs, le choix des options async/sync et la configuration côté client ont un impact direct sur le débit. Des paquets de 32 ko représentent un réglage équilibré sur Pi 5, comme mentionné dans les informations de référence.
Surveillance et maintenance
Un NAS stable se pilote au fil du temps. Quelques indicateurs méritent un suivi :
- Utilisation CPU et RAM.
- Température du SoC et des disques.
- État SMART des disques (secteurs réalloués, erreurs en hausse).
- Espace disque disponible par volume.
OpenMediaVault propose un tableau de bord et des alertes. Sous Raspberry Pi OS, des outils comme htop, smartctl et df suffisent pour un suivi régulier. Une planification minimale des mises à jour de sécurité et des sauvegardes renforce la fiabilité globale du serveur de fichiers.
Aller plus loin : usages avancés autour d’un NAS Raspberry Pi
Une fois le NAS stabilisé, plusieurs pistes permettent d’enrichir progressivement l’infrastructure :
- Création d’un cloud personnel avec Nextcloud ou OwnCloud pour synchroniser documents et contacts.
- Mise en place d’un miroir pour d’autres projets Raspberry Pi, par exemple un serveur Git local ou un dépôt de paquets pour projets Raspberry Pi.
- Déploiement d’un serveur de sauvegarde centralisé pour tous les postes de travail du foyer.
Pour les configurations axées performance, l’usage d’un SSD NVMe dédié au stockage ou au cache offre un confort net. Les informations détaillées sur ce sujet sont regroupées dans une ressource spécialisée : guide SSD sur Raspberry Pi 5, utile pour affiner les choix de stockage.




